J’en doute

Proposition quotidienne de rédaction
Comment gérez-vous l’incertitude ?

La réponse est simple. Et compliquée.

Je gère l’incertitude en coupant la poire en deux. Après avoir coupé cette poire en deux, je pèse les deux morceaux fraichement coupés, et je me demande.

Quel morceau garder ? Je suis pour ce morceau, et contre ce morceau ? Pourquoi ? Le premier va sans doute mieux subvenir à mes besoins. Mais le deuxième me regarde et me tend la main. Vais-je prendre les deux ?

Comment faire ? Ce monde regorge de certitudes, prêchées avec aplomb. Or je n’ai guère suivi cette voie, cette foi. Je doute en permanence, je doute même de mon incertitude.

Est-ce là un poids ? Qui freine la rapidité de mes prises de décision ? La qualité et la pertinence de mes opinions ? Dois-je également couper ce poids en deux ?

Je crois que peu de gens savent dompter l’incertitude, qui est plus sauvage que la certitude. Et puisque je doute, je ne saurais même pas qui des deux a raison.

Après tout qui fait avancer le monde ? Les personnes sûres d’elle, assurées, déterminées, qui transforment le flou en fugace ? Ou celles qui hésitent, qui se méfient, et dans l’indécision sont pugnaces ?

Je ne sais pas. Sûrement les deux. Certainement l’une et l’autre tant elles se complètent. Mais moi, je crois que je suis sûr de douter. Le doute est une sagesse à double tranchant, comme la certitude. Et je préfère me blesser avec les affres du questionnement, plutôt qu’avec celles de la conviction.

A chacun son poids et sa poire, ou bien la moitié des deux.


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