Quoi de plus sujet au tempo que la vie en elle-même ?
Elle mène le rythme, elle mène la danse, et nous lui emboitons le pas. Un jour piètre danseur, l’autre jour ballerine, un jour désaccordé, un jour virtuose, chacun suit comme il peut.
Sur le tempo de la vie nous cherchons chaque instant à nous accorder. Et nous oscillons, de gauche à droite, de droite à gauche, en rythme avec nos pensées et nos actions, au gré de toutes les intensités que le métronome va jouer.
Dois-je choisir le confort de la sécurité, ou l’aventure de la liberté ? Dois-je choisir la folie, ou me raisonner ?
L’aiguille du métronome oscille.
Dois-je prendre cette décision maintenant, ou attendre un peu ?
L’aiguille du métronome accélère.
Dès la naissance, nous sommes soumis à ce mouvement, mais plus nous grandissons, plus nous comprenons qu’il est important, et incontrôlable. Et quand deux personnes s’unissent, elles tentent d’accorder leur diapason. Peuvent elles suivent un autre métronome que le leur ? Si elles y arrivent, elles composent un formidable duo dont la musique retentit et fait vibrer leur vie commune.
Et un jour, le rythme est différent. Les personnes n’arrivent plus à s’accorder.
Vais-je rester avec cette personne, ou la quitter ?
L’aiguille du métronome oscille.
Ai-je envie de sortir et profiter, ou de rester et prendre soin d’un foyer ? Ai-je envie de noirceur, ou de clarté ?
L’aiguille du métronome accélère.
Chaque décision que nous prenons n’est que la suite de la longue partition que nous nous acharnons à suivre, et qui nous suivra elle aussi jusqu’à la fin. Et même si nous sommes capables de nuancer, de jeter notre dévolu à gauche et à droite, nous sommes bien obligés de suivre une des directions proposées.
Parfois lent, parfois effréné, on gagne en tempo, on perd en rythme.
Après tout, vais-je suivre le mouvement du cœur, ou celui de la raison ?
FIN

