Quelques années auparavant, je m’en allais avec trois potes au Portugal pour découvrir tout le patrimoine de ce pays, qui se résume à un flan assez quelconque.
Bien évidemment ce n’est que farce, c’est un pays doux, abordable, chaleureux, magnifique, diversifié et je comprends mieux pourquoi c’est un eldorado pour les retraités français (l’exonération fiscale).
Avec ces potes nous parcourions donc ce charmant pays, de Lisbonne à Cascais, passant de la ville à la mer, dans cette ambiance très paisible. Nous nous promenions joyeusement, sans rater le pèlerinage jusqu’à la statue géante de Cristiano Ronaldo qui fait 4873 mètres de haut, allez la voir par vous-même ça vaut vraiment le détour.
Pendant l’une des journées de cette exquise excursion survint un évènement qui brisa quelque peu cette douce atmosphère. Nous marchions je ne sais plus où étant donné les limites de ma mémoire, je ne suis pas une carte SD ni un disque dur, mais en tout cas c’était près d’une plage et nous étions en hauteur, nous rigolions et nous contemplions la mer d’en-haut, mer calme et surtout sublime comme à son habitude.
C’était un petit chemin étroit qui donnait sur une falaise escarpée, la vue était imprenable. La mer avait la chance de pouvoir observer des hommes magnifiques et charismatiques : nous. Nos regards se projetaient au loin et soudain un minuscule petit chien fit son apparition, tout content d’exister. Nous devînmes donc instantanément gaga avec l’un de mes potes, le chien était aux anges, un petit Shih Tzu très mignon. Il s’avança vers la falaise et il fouina le sol comme pour y chercher un os ou peut-être même Xavier Dupont de Ligonnès.
Il se rapprocha de plus en plus de la limite, et en une fraction de seconde on le vit tomber, avec mon pote. Je ne sais plus qui d’entre nous cria « oh non » comme pour le prévenir d’un danger mais après la chute, ce qui n’avait que très peu de sens mais faisait partie de notre panoplie de politesse élémentaire. Et bien sûr, tout en bas de cette falaise, d’énormes rochers prêts à recevoir leur marchandise avec six bons mètres de chute libre.
« BIM ». Le chien git sur un des rochers, mais semble encore être en vie. On court instinctivement avec un autre de mes potes pour tenter de rattraper la plage du bas, pendant que ceux d’en haut tentent de voir à qui est le chien. On courrait en tongs avec une vitesse très aléatoire, des sauveteurs oui mais des sauveteurs en carton. Et en retard qui plus est. Alerte à Malibourre (…).
Nous arrivâmes au point de rendez-vous pris par le sol et le chien, ce dernier était quasi inerte et avait beaucoup de mal à respirer. Quelques minutes plus tard une fille arriva, inquiète, avec sa mère, qui était tout le contraire d’inquiète. Elle avait des lunettes Ray-ban, une robe Ray-ban, toute l’attirail Ray-ban. Elle n’en avait RIEN à carrer de son Shih Tzu, et quand l’ambulance arriva elle partit dans l’autre direction, sûrement pour acheter un autre objet Ray-Ban.
Le pauvre chien est certainement parti au paradis des Shih Tzu, en espérant qu’il n’y ait pas de falaise là-bas.
Cette histoire met principalement en lumière la barrière de la langue, car nous ne parlions pas portugais, le strict minimum d’anglais et surtout nous n’avions aucune notion de chien, ce qui est bien dommage. Parce que tout le monde rêve de pouvoir discuter avec les animaux, et de leur dire « attention aux falaises » notamment.
D’ailleurs chez les chiens on ne dit pas qu’un chien a peur, on dit qu’il se Shih Tzu.
A mon tour de chuter d’une falaise.
FIN

