Limeil-Brevannes, ville calme de la banlieue du 94, a été ce soir là le berceau de l’action, le QG de l’explosif, le scénario rêvé de Mickael Bay.
Je pars faire des courses, et information importante : j’habite chez un pote qui m’a généreusement prêté son appartement. Il faut savoir que je m’étais embrouillé avec mes parents pour des raisons de rébellion contre le système en place, tout ça avec de multiples chtars sur le visage et un gigantesque manque d’honneur et de confiance. L’adolescence subversive à son paroxysme.
Bref ce jour-là je perçois la CAF car comme je le disais, rébellion contre le système en place donc pas de travail non plus. La CAF, le cadeau des assistés familiaux ou chèque des abrutis flemmards pour certains, et un moyen honnête de subsister pour d’autres (je faisais partie des abrutis flemmards).
Je vais donc faire mes emplettes pour remplir mon estomac de jeune effronté professionnellement anxieux. Je me rapproche tranquillement du supermarché, un Coccimarket je crois, et l’ambiance est étrangement silencieuse. J’arrive vers les portes automatiques qui s’ouvrent alors et laissent passer un homme avec une cagoule et un flingue. Celui-ci me somme de ne pas bouger.
Evidemment je ne bouge pas, le « un deux trois soleil » était de rigueur, le « un deux trois décès » plutôt, il me fixe, je le fixe aussi sans trop de peur mais traversé par un vide absolu, un néant, peut-être que j’avais déjà accepté l’idée de la mort… Et il se met à courir dans l’autre direction. Je lui fais un croche pattes et le maitrise au sol avec une guillotine parfaitement exécutée, je prends son flingue, tire sur l’hélicoptère de la mafia serbe qui me poursuivait et… Non il ne s’est pas vraiment passé ça même si vous y crûtes fermement.
Il ne se passe rien, je ne bouge toujours pas, puis je regarde rapidement sur le côté et là une autre personne sort. Un caissier maghrébin ultra énervé qui se met à courser le braqueur, sans peur et sans flingue.
Je n’ai pas pu faire mes courses, je n’ai pas pu acheter ma pizza Sodebo hors de prix et hors de goût, je ne sais toujours pas si c’était un vrai ou un faux flingue et surtout en rentrant je me suis demandé : qui a braqué qui finalement ?
FIN

