La famille est le socle sur lequel notre vie repose, et les liens qui nous unissent consolident son éternité. Notre cœur s’est alourdi Mamie, quand tu as pris l’envol de la dernière légèreté.
Tu as été façonnée avec trois matériaux de la plus grande qualité : le courage, la solitude et la générosité.
Le courage parce que tu n’avais peur de rien, jamais tes yeux ne prenaient froid, je me souviens de ce jeune fou qui t’avait agressé et qui s’en est bien mordu les doigts. J’ai toujours été émerveillé par les grands guerriers de ce monde mais tu n’avais aucunement à les jalouser, j’aurais pu devenir un homme rien qu’en admirant ta pugnacité.
La solitude parce que même si c’est parfois un fardeau lourd à porter tu as su toi-même l’accompagner, tu ne l’avais pas forcément choisie mais elle a été là pendant de nombreuses années. Tu en as fait une force belle et sauvage à la fois, et pardonne ma dureté mais l’homme que j’aurais pu appeler Papi n’a jamais mérité ce titre ni celui d’être un Papa.
Et enfin la générosité parce que venir chez toi était toujours synonyme de joyeux festins, de petits dons malins, et dans ta générosité tu as offert au monde la plus belle chose qu’un fils puisse réclamer au destin : une Mère. Et quelle Mère. Un cœur si pur qu’un joyau ne saurait en copier l’éclat, je n’ai jamais manqué de rien et je n’aurais pas assez d’une vie pour la remercier de m’avoir donné une partie de la sienne, elle, son cœur et ses bras.
Chez toi, j’ai connu les aboiements de Julie et de Gypsie, les chansons à tue-tête de tes bengalis, les gigantesques salades d’endives à midi, ce n’est pas une page qui se tourne c’est le bouquin de notre vie qui te pleure Mamie.
Jadis tu travaillais dans les lingots mais tu n’as jamais eu besoin de ce métier pour avoir de l’or dans les mains. 24 Avril 2025, la rue Clavel s’est accalmée, la dame seule, courageuse et généreuse est partie, les larmes me montent parce que plus jamais je ne pourrais te dire à demain.
Que la paradis t’ouvre ses portes Mamie Jeannette.
FIN

