Le monde, dans son immensité, n’est pas seulement un globe terrestre composé en majorité d’eau salée, il est aussi un gigantesque bal masqué. Une pièce de théâtre géante où tout le monde a son rôle à jouer.
Et chaque individu possède un rôle qui lui est propre. Avec le temps, le rôle évolue, son importance augmente ou diminue, mais ce rôle ne disparait jamais. C’est le rôle de notre vie.
Nous sommes nés sans masque, mais pour nous intégrer et nous conditionner à vivre en société, nous nous devons d’en porter un. Notre collection de masques est différente, et pour certains, elle est parfois déroutante. Mais c’est ainsi, pour parler à quelqu’un, nous portons un masque, et il nous arrive même d’en changer.
Et plus nous grandissons, plus l’envie d’enlever ce masque se fait sentir. Nos amis, nos amours, nos familles le ressentent. Et s’ils sont authentiques, alors ils acceptent notre vrai visage. Comme nous acceptons le leur. Mais garder son masque est parfois une solution, lorsque les confiances se fragilisent ou que les méfiances se concrétisent.
Notre rôle quant à lui, n’est pas vraiment défini. Mais il nous est attribué une importance qu’on ne comprendra sans doute jamais. Une personne peut être fédératrice à son échelle, drôle, gentille ou aidante. Une personne peut être tout le contraire, mauvaise, aigrie, méprisante. Mais c’est ainsi que l’équilibre se fait.
Nos masques et notre rôle nous permettent de fréquenter des personnes, d’affronter des situations et de contribuer à la société à notre rythme et à notre niveau. La vie va bon train, et les passagers montent et descendent de notre wagon, comme nous fréquentons le leur.
Dans toute cette comédie dramatique il y a le masque de nos idées, celui de nos opinions, et il y a aussi des rôles de composition.
Personne n’est inutile. Certains masques sont horribles, certains rôles sont exécrables, mais il en va de l’équilibre de ce monde. Et lorsqu’on enlève notre masque et qu’on assume notre rôle, alors on devient acteur de cette pièce qu’est la vie. Notre acte, nos entractes, et les personnages qu’on a décidé de faire entrer dans notre pièce, avec ou contre notre gré.
Nos pensées sont des didascalies et nos paroles forment les dialogues interminables entre les personnages qui composent notre vie. Mais il nous est impossible de vivre sans masque avec des personnes qu’on ne connait pas, et dans des environnements qui ne nous correspondent pas. Et selon nos acuités et nos clairvoyances, il nous est possible de déceler, derrière le masque de certains, le rôle qu’ils ont à jouer, et celui qu’ils prétendent jouer.
Il est parfois dur de comprendre que d’autres refusent de nous voir et de nous accepter sans masque. Ou pire encore, qu’ils n’aiment pas le rôle qu’on a à jouer. Mais au fur et à mesure, nous jouons près de ceux qui nous ont vus avec, et sans, entre mensonges et vérités.
Il est aussi parfois difficile de comprendre que certains tirent les fils de leurs intérêts comme s’ils étaient eux même marionnettistes de notre vie. Mais encore une fois, on ne peut interagir avec tout le monde, et changer les personnages en les façonnant à notre image. L’égoïsme fait partie intégrante de cette pièce, et nul ne peut s’en émouvoir ni en être ignare. Que ce soit délibéré ou pas.
Car oui, qu’on soit acteur ou spectateur de notre vie, que notre rôle soit défini, certains abusent des masques et d’autres jouent avec les ressentis. Ainsi, pour apprécier la pièce de théâtre de l’existence, et le bal masqué global qui nous entoure, assurons nous d’être entourés de personnes qui ne veulent pas influencer le script de notre vie, mais qui veulent au contraire apporter des nouveautés qui porteront forcément leurs fruits.
Après tout, quand les masques tombent, qui a le beau rôle ?
FIN

