L’effroi du récif

La barque tanguait légèrement au gré du vent, un Zéphir doux et agréable. Le pêcheur était confortablement installé, accompagné d’un soleil radieux, sa ligne parée à embarquer le moindre poisson qui se prendrait au piège.

Il se mit à se redresser quand il vit quelques remous. Prêt à remonter sa ligne, il sentit sa barque qui reculait et se frottait dangereusement aux rochers voisins. Il se leva et tira un peu plus fort, mais rien n’y faisait. Quel prodigieux animal allait il pêcher, sans doute pas du fretin !

CRAC ! La barque se fendit en deux. Le pêcheur tomba à l’eau, surpris et apeuré, et regarda partout autour de lui. Il ne vit rien, il regarda sous l’eau cette fois, rien non plus. Qu’est ce que c’était ? Il entendit alors un étrange grincement. Il n’eut même pas le temps de se retourner qu’une immense flaque de sang sortit de son corps instantanément coupé en morceaux…

Deux semaines plus tard, à Quiberon :

Nath Geo, biologiste marine de renommée mondiale et Jack Mayo, plongeur de renommée régionale, sont dans un Zodiac conduit par Nick Lapolis, policier de renommée municipale.

Ils se rendaient à l’endroit où eut lieu cet accident tragique dont ils ne connaissaient ni les tenants ni les aboutissants. Un énorme laboratoire avait été construit à cet endroit pour étudier la raison de cette mort non élucidée. Plus d’une centaine de personnes y travaillaient sans relâche pour trouver le responsable de cet atroce trépas.

Nath dirigeait l’opération et prenait à cœur ce décès car elle connaissait le pêcheur, pas directement car c’était l’ami du cousin de la belle-mère d’un des voisins de sa résidence secondaire à Sarzeau, mais quand même.

Nath, Jack et Nick se retrouvèrent dans l’observatoire, un genre de cube entièrement constitué de Velux.

  • « Mais qui est ce qui a bien pu faire ça ? » dit Nick
  •  » Une question hyper utile si je peux me permettre » rétorqua Jack
  • « Il n’y a pas de questions cons, il n’y a juste que des gros connards » répondit Nath
  • Jack : « Ah ouais la vache quand t’as pas ton Morning café t’es un peu agressive »
  • Nath : « Tu ressors encore un mot en anglais et j’utilise ta tête pour brosser les chiottes que j’aurais préalablement repeint à l’aide de ce même café »
  • Jack : « Ok ok »

L’analyse n’avait pas avancé d’un poil, et toute la journée durant ils furent bredouille. Nath demanda de faire une plongée nocturne pour avoir plus de chances de comprendre, et Jack envoya son stagiaire de seconde sur le coup.

Equipé d’une GoPro et d’un micro, le jeune nageait vers l’endroit du décès. Il tournait autour de la zone, mais ne vit rien de spécial. Il s’apprêtait à remonter quand il fut tiré par quelque chose. Il regarda en dessous, paniqué, et cria de détresse. Mais Nath, Jack et Nick dormaient profondément. Il fut happé, et quelques secondes plus tard seule sa tête flotta à la surface de l’eau…

Le lendemain matin :

  • Nath « Mais qui est ce qui a bien pu faire ça ? »
  • Jack « Je ne sais pas… »
  • Nick : « Ah donc quand c’est toi qui pose la question ça passe, super ! »
  • Nath : « On a pas le temps pour ça bordel, un jeune vient de mourir »

Ils passèrent la journée à regarder les radars, à écouter les sonars et à lire des polars pour comprendre ce qui s’était tramé. Mais rien. Il fallait mettre la main à la patte, et plonger eux-mêmes. Affublés d’une tenue adaptée au longe côte, ils s’immergèrent à l’endroit des supposés crimes, et nagèrent dans les 3 mètres de fond. Jack fit des signes mais personne ne comprit, et Nath lui fit un énorme doigt. « Blll-BLLL-bllll » s’écria Nick, mais il n’avait aucun charisme aquatique.

Soudain l’alerte générale retentit et un immense tremblement se fit sentir. Tous les laborantins couraient dans tous les sens, et l’équipe des trois pros se retrouva en face du HCG, le Hublot Central Géant. Ils se retournèrent lentement et ce qu’il virent dépassait la définition du cauchemar. Un monstre démentiel tout droit sorti des limbes du Styx. Pas un mais une. Elle était énorme. Prête à dévorer tout ce qui se trouvait devant elle. Non, ce n’était pas possible, pas en plein mois de Juillet… Elle était hideuse, et surtout laiteuse.

C’était une huitre de calibre 3…

FIN


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