Le malaise triomphant

Ah Paris, plus belle ville du monde, son charme, son caractère et son histoire… Notre magnifique capitale chapeautée par Hidalgo, c’est un peu comme si un clochard pissait dans le violon de Vivaldi en personne… Je m’égare totalement, comme un Parisien hors périphérique, ou comme un Provincial dans le métro, et ensuite j’arrête les comparaisons futiles.

J’étais jeune sapeur pompier à une époque, sauver ou périr, telle était ma devise… Impressionnant n’est-il pas ? Redescendez de la montgolfière de l’enthousiasme immédiatement, vous êtes loin du compte.

Ce jour-là nous avions une cérémonie en l’honneur des morts de la seconde guerre mondiale et dont les noms ornent la stèle de l’Arc de Triomphe. Se faire rendre hommage par un jeune adolescent boutonneux, timide et frêle ça a du en faire mourir une deuxième fois plus d’un. Mais cessons cette auto-lapidation, la suite se suffit à elle-même.

Nous sommes en rang, alignés, obéissants et silencieux, tenues impeccables, les musiques honorifiques retentissent et la scène est belle, inoubliable. Sans transition il faut savoir que j’ai une énorme tête, ce qui complique le port de haut de forme en tout genre. Et il faut également savoir qu’une tenue cérémoniale de pompier requiert l’équipement d’un casque. Or, une telle taille ne saurait exister et couvrir mon gros chef, j’ai donc eu la taille en dessous de ce que cette énormité non-cérébrale nécessitait.

Les musiques continuent, le ciel est clair, beau et je le sens de plus en plus lumineux, puis sombre d’un seul coup. Lorsque je reviens à la lumière, je suis au bord du monument, sur le côté, avec mes collègues pompiers qui veillent sur moi et se foutent ouvertement de ma gueule par la même occasion.

Je suis tombé tête la première, comme un domino mais en solo, le casque trop petit m’ayant tellement serré la tête que j’en fus littéralement tout retourné. Il ne m’a peut-être pas sauvé la vie mais en tout cas il a pu sauvegarder l’esthétique de mon visage. Malaise devant des vétérans, tous les collègues et certainement des parisiens amusés.

Morale ? Ce n’est pas la taille qui compte ? Bien sûr que si, ne voyez jamais trop petit, ni trop gros. Evaluez avec justesse la taille de votre tête et de tout votre corps. Vous éviterez tout type de malaise.

FIN


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