L’alcool des sorciers

En cette soirée d’été la rue Pivert Drive était d’un calme doux et rassurant. Les maisons semblaient elles-mêmes se reposer, les gazons de leur jardin étaient parfaitement entretenus et leur style était parfaitement anglais vu que l’on se situe en Angleterre. D’ailleurs il pleuvait comme chien qui pisse et des sachets de thé Earl Grey jonchaient le sol par milliers. Mais le calme de la rue ne dura pas bien longtemps.

Tout à coup les lampadaires qui éclairaient la rue s’éteignirent et se rallumèrent sans cesse, comme par magie. Ce clignement intempestif se poursuivit pendant de longues minutes et brusquement tout s’éteignit pour de bon.

On entendit alors un homme crier : « MOI JE FAIS DES P’TITES BULLES !! », il était totalement torché et déambulait dans la rue en jonglant avec un ballon dégonflé. Il avait un chapeau troué, une cape floquée BALBUS dans le dos, une pinte de bière à la main et semblait plutôt vieux voire même mourant. « DES BELLES BULLES QUE J’CRACHE EN L’AIR ! « . Il y allait de sa petite chansonnette et chantait à tue-tête sans considération pour le voisinage endormi.

Un homme passablement énervé sortit alors de sa maison et cria : « TA GUEULE LE CLOCHARD TU NOUS SOULES ». L’homme bourré hoqueta et s’excusa, puis grommela quelque chose comme : « Pouvez pas comprendre, chui v’nu pour Garry ». Il changea brusquement de comportement et s’écria : « 1000 POINTS POUR SERPENTOUFLE !! ». Puis il continua sa route tant bien que mal, tout en s’embrouillant avec les lampadaires voisins.

Un chat fit alors son apparition, et il miaula. Puis miaula encore. L’homme au chapeau ne comprit pas et lança un « Psssst psssst viens là p’tit chat ». Le chat feula, puis parla soudainement humain : « C’est moi vieux con ».

  • « Nimerva !!! » s’écria t-il
  • « Putain mais sois discret bordel » répondit le chat
  • « Bon je suis un peu éméché »
  • « Nan sans déconner ?? T’abuses avec la Bourrobière putain »
  • « J’y peux rien ça me stresse cette histoire de Garry, le pauvre »
  • « Je sais bien Balbus… »

Le calme de la discussion fut remplacé par un énorme vrombissement, une gigantesque silhouette fendit le ciel et on put alors apercevoir un géant de huit mètres barbu de la tête aux pieds qui chevauchait ce qui semblait être une trottinette électrique volante. Il avait un capuchon accroché au guidon que le vent ballotait dans tous les sens. Il atterrit alors, zigzaguant sur les trottoirs et la route, et freina d’un seul coup lorsqu’il aperçu Nimerva et Balbus.

Balbus s’écria alors : « Mais toi aussi t’es arraché Hagros !! Haha !! »

  • Hagros : « Nimerva Montessori et Balbus Cotedeporc, quel plaisir de vous voir, HIPS !! »
  • Nimerva : « Vous êtes chiants à tiser tout le temps cette foutue Bourrobière »
  • Balbus : « Bon allez pose ce bébé… Ah mais putain il a vomi ce con ! »
  • Hagros : « Ouais et c’est pas le seul… Les longs voyages ça secoue hehehe ! »

A la fin de sa phrase Hagros dégobilla un litron de bile et les trois s’en allèrent en se téléportant. Le bébé avait été déposé au 35 bis Pivert Drive, et il allait changer l’histoire de la magie à tout jamais. C’était le fils de Cindy et Michel Porteur, Garry Porteur. Ses parents avaient été tué par le maléfique sorcier Sangdetesmorts, celui-dont-le-nom-est-dur-à-prononcer, et Garry avait résisté à ce sorcier grâce à l’amour de sa mère, mais aussi parce que Sangdetesmorts avait ripé et lancé son dernier sortilège contre lui même. Le sortilège Eau-de-vie, le plus mortel de tous. Nul ne savait où le dangereux sorcier était désormais, ni ce qu’il était devenu…

Bref Garry grandit avec une famille de kouillmols, des non-sorciers, il se fit harceler par ses « parents » et son « frère », et son adolescence fut traumatisante. Il dormait dans une commode et n’avait le droit qu’à un repas par semaine. La famille Groley, sa famille adoptive, était composée d’humains particulièrement nauséabonds qui lui rendaient la vie impossible.

Un jour il reçut une lettre d’un pigeon magique. Lettre de l’école Boulard qui était la plus grande école de magie du monde. La famille Groley tenta de cacher cette lettre mais le pigeon magique revenait chaque jour et chiait constamment partout, ils laissèrent donc Garry partir et permirent à l’auteur de bâcler cette partie.

C’est Hagros qui vint chercher Garry en trottinette des airs et qui lui dit alors : « Tu es un alcoolique Garry ». Garry était ravi de le savoir, et ils partirent en direction du centre-ville. « On doit aller au chemin de traviole pour que tu t’équipes et que tu ailles à Boulard ».

Il se rendirent à un PMU, « la marmite qui dégueule », Garry se fit observer par des gens très louches dont un mec avec une écharpe trop grande qui louchait, bégayait et que personne ne comprenait. Hagros tira Garry par la main et se mit face au mur de la terrasse. « Met un coup de tête dans le troisième parpaing en partant de la gauche ». Garry s’exécuta, s’explosa le front et pissa le sang. Hagros éclata de rire et lui dit : « T’es con ou quoi y’a une porte là HAHAHA ». Et il ouvrit la porte du chemin de traviole, hilare.

Garry s’émerveilla de ce qu’il y vit. Des pigeons magiques, des gens avec des serpillières de Curlish, le sport de prédilection des sorciers, des capes Desigual, des chapeaux blancs très pointus et des grands bûchers, ça y est, il allait devenir sorcier. C’est alors qu’un roux débarqua de nulle part et Garry tenta de l’esquiver. « Eh salut je m’appelle Jean-Roux ! ».

Hagros prétexta un mal de ventre et s’éclipsa, Garry et Jean-Roux devinrent instantanément amis et marchèrent donc à travers le chemin. Ils allèrent chercher une baguette tradition magique, celle de Garry n’était pas trop cuite, exactement comme celle de Sangdetesmorts, comme par hasard… Le vendeur en transe lui dit : « C’est la baguette tradition qui choisit sa cuisson Monsieur Porteur ». Garry ne comprenait rien et le temps pressait, il fallait partir prendre le train en direction de Boulard, le fameux Boulard Express.

Ils rencontrèrent sur le chemin Mignonne, une fille qui avait l’air chiante à mourir, et elle interpella Garry.

  • « Garry tes lunettes sont cassées »
  • « Ouais mais c’est pas grave avec la mutuelle je vais en avoir de nouvelles »
  • « CARGLASSUS REPARUS », lança Mignonne, et les lunettes se réparèrent d’elles-mêmes
  • « Waouw » dit Garry
  • « Ca va c’est pas ouf non plus » dit Jean-Roux, « Regarde plutôt ce que je sais faire » tout en pointant sa baguette sur un rat
  • « Que ce gros rat gris devienne punaise de lit »

Absolument rien ne se passa, Mignonne ne fut pas surprise et Garry souffla.

« Allez direction la voie du Ricard » ordonna t-il.

La voie du Ricard était située en plein centre de la gare de Londres, et il fallait traverser un pilier pour y accéder et passer de l’autre côté de la barrière magique qui menait au Boulard Express. Seuls les sorciers pouvaient le faire. Et seul un état secondaire puissant en garantissait l’accès. Hagros revint avec un cubi de Bourrobière, et fit boire les trois jeunes pour qui ce fut un baptême. Ils furent bourrés en l’espace de quelques secondes, Garry mit une main au cul de Mignonne ce qui lui valut une énorme tarte, Jean-Roux se mit à poil, Hagros pleura toutes les larmes de son corps et parla de son ex mi-pute mi-dragon puis ils foncèrent tous les quatre vers le mur.

Ils furent propulsés vers le quai situé de « l’autre côté », et virent une foule grouillante et énervée. « Que se passe t-il ? » demanda Garry. Une voix à travers un mégaphone volant tout seul résonna alors dans toute la gare : « le train Ouigo en partance de Châtelet les Halles et en direction de Boulard a été annulé, aucune correspondance n’est possible, veuillez revenir l’année prochaine ».

« Quoi ????? »

Garry et Jean-roux abandonnèrent l’idée de devenir sorcier et devinrent intérimaires, Mignonne reprit l’école humaine et se lança dans les études de genres et Hagros ouvra son propre PMU magique, « la licorne d’abondance ».

FIN


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