Echappée carcérale

Michel Scophile était un type brillant. Physicien, astrophysicien, paysagiste, astropaysagiste, éligible au CPF, bref toute la panoplie du génie bien au delà du QI moyen. Il menait une vie rythmée par son intelligence et son argent, et n’avait que très peu de temps pour les broutilles des gens pauvres comme nous.

Seulement sa vie bascula lorsque son grand frère, Laurent Bourreau (né d’une autre mère et d’un autre père) fut envoyé en prison pour un meurtre qu’il n’avait jamais commis. En effet, accusé d’avoir tué le frère du président de la France il fut immédiatement sentencié à mort, la peine de mort ayant été réhabilitée exclusivement pour lui. La vérité véridique étant que le frère du président, Manuel Macron, avait été tué par le président lui-même Emmanuel Macron avec l’aide d’une organisation secrète qui baignait dans des affaires de corruption étatique. Emmanuel Macron avait trouvé quelqu’un à qui faire porter le chapeau de toute cette sordide machination.

Laurent fut envoyé à Fleury-Mérogis, et Michel, son frère, l’être supérieur, comprit son innocence et décida de vouer sa vie entière à secourir Laurent et à le sortir de cette infâme prison.

Il se rendit à la Société Générale pour faire un retrait de 20 euros et sortit un flingue de son costume trois pièces Celio Club, posant le billet de 20 euros sur le guichet et criant « J’AI PRIS CES 20 EUROS, QU’ON M’ARRÊTE IMMEDIATEMENT ». Néanmoins la dame de l’accueil avait bien vu qu’il avait légalement retiré l’argent et lui demanda poliment de partir. Il s’exécuta sans le moindre charisme et décida de revenir le lendemain pour échafauder un nouveau plan.

Le lendemain il se rendit à la même banque, sortit son flingue et cria : « Donnez moi 20 euros où je vous tue tous ! ». La dame de l’accueil lui répondit : « Ah bah c’est beaucoup mieux là, par contre 20 euros c’est pas une grosse grosse demande si je peux me permettre ». Michel lui somma d’aller se faire foutre en agitant son flingue dans tous les sens et sans la moindre panique elle appela la police uniquement pour lui faire plaisir. La police embarqua Michel. Un grand sourire victorieux animait son visage, il allait pouvoir mettre son ingénieux plan à exécution.

Fleury-Mérogis, 19h30.

Airbag et Moussa K. discutent dans une des nombreuses cellules.

  • Moussa : « Attends t’es en train de me dire que t’as pris 6 mois ferme dont 5 avec sursis pour viols sur mineurs, sur nourrissons et détention de contenus pédopornographiques ?? »
  • Airbag : « Et oui Moussa on est pas tous logés à la même enseigne mon chou, de quelle peine as tu écopé toi ? »
  • « J’ai pris 5 ans ferme pour avoir volé une canette de Crazy Tiger périmée »
  • « Tu sais la vie est injuste et dure avec les faibles mais si tu mets ta main dans ma poche arrière droite je ferai de toi quelqu’un de fort mon loulou »
  • « Eh mais il t’arrive quoi toi garde ta poche et range tes morts dedans sale pédophile »
  • « Tu t’exposes à des grands risques en t’opposant à moi, en plus j’étais à deux doigts d’arrêter d’être raciste »
  • « Ta gueule Pédoman »
  • Rire machiavélique de Airbag

Non loin de là, Laurent est avec Bastien LBD40, le chef de garde pénitentiaire, dans la cellule la plus protégée de la prison.

  • Bastien : « C’est bientôt la fin pour toi saloperie de meurtrier »
  • Laurent : « Tu sais comme moi que je suis innocent et que je ne suis donc pas coupable »
  • Bastien : « Ok Navarro cesse ton charabia puis dans tous les cas je suis à fond avec Macron saloperie de tueur »
  • Laurent  » « Perso j’aime beaucoup Jean Lassalle et…. »

Bastien ne le laissa pas terminer et lui asséna un terrible coup de matraque télescopique dans la gueule, puis rigola grassement. Il pissa sur Laurent, lui donna à nouveau un coup de matraque télescopique, mangea sa nourriture, lui recracha au visage et hésita à lui remettre un coup de matraque avant de se raviser et de finalement lui mettre un coup de pied dans le bide. Laurent gisait au sol, inerte. Bastien s’en alla faire le rapport au chef de la prison, Bernard Henry Lhermitte.

La nuit passa et l’habituel convoi de nouveaux prisonniers fit son apparition à l’aube, avec Michel dedans, déterminé comme jamais. Il sortit du bus et sourit avant de se prendre trois coups de matraque télescopique par Bastien qui calma directement ses ardeurs.

Il arriva dans sa cellule, la partageant avec un dénommé Mohammed dit Momo los bons tuyos, et il observa la pièce de fond en comble.

  • Mohammed : « Eh wallah que t’es TROP chelou amigo »
  • Michel : « Plait il ? »
  • « Vas-y vas-y fais tes bails en scred hermano je suis pas ton poto wallah »
  • « Très bien, localisation des toilettes, ok, le mur n’est pas porteur à l’angle inférieur gauche, ok, le lit semble bancal et la literie me semble d’un confort modeste, ok, il n’y a qu’un seul oreiller ?? Bon ok, maintenant je dois calculer les rondes et montrer mon tatouage à Laurent »
  • « Mais nan t’es tatoué ?? Cabronnnn ! Wallah la même, téma le tatouage, c’est Jul qui fait un braquage dans un coccimarket »
  • « Ah ouais génial »
  • « Bah montre le tien hijo de puta !! »
  • (Michel enlève son t-shirt) « voilà. »
  • « Pourquoi y’a deux serpents avec des couilles qui entourent tes tétons ?? »
  • « Ah attends c’est pas ici » (il se tourne)
  • « Mais wallah c’est… »
  • « Le plan du Leroy-Merlin situé à 450 mètres de la prison, les tunnels souterrains mènent à l’espace peinture du Leroy-Merlin de Fleury »
  • « Mais t’es trop fort hijo de mierda wallah !!! »
  • « Tu dis tout le temps wallah c’est légèrement exaspérant »
  • « Vas-y vas-y conio, pressé de me barrer de cet enfer avec toi, marre de manger des pépito au dîner »
  • « Oui bref… Frappe moi aussi fort que tu peux je dois aller à l’infirme… »

Mohammed lui décrocha une gigantesque droite avant même que Michel ait fini sa demande. Michel fut immédiatement transporté à l’infirmerie, la gueule ensanglantée et huit dents en moins. En arrivant il sourit à nouveau, avec beaucoup moins de dents que prévu. Son plan se déroulait à merveille.

Dans le lit de l’infirmerie, il attendit la venue de l’infirmière, mais ce qu’il vit le prit au dépourvu. Une ravissante secrétaire aux courbes très loin d’être fallacieuses arriva, et Michel en fut tout déboussolé.

  • Infirmière : « Bonjour, je vois qu’on s’est pris une sacrée raclée »
  • Michel : « Bonjour, tout était calculé sachez le, vous êtes très belle Mademoiselle »
  • « Ok ok Sun Tzu, en attendant t’es édenté et ça va pas repousser de sitôt »
  • « Dites, comment faire pour me retrouver en isolement »
  • « Pour arrêter de te faire péter les dents ? »
  • « C’est un plan que je ne peux partager… Mais vous êtes si belle que je vais sans doute craquer »
  • « Rien à foutre de ton plan, prend un Doliprane, de la morphine et déguerpis de mon infirmerie »
  • « Je vais libérer Laurent, donnez moi l’accès à l’isolement, et on s’échappera tous les trois mon amour »
  • « Oui oui mon preux chevalier, attends tu parles de Laurent Laurent ? »
  • « Oui, mon frère innocent »
  • « Ton frère le lourd comme toi ouais, il a essayé de me choper aussi, allez vu que t’es encore plus con que lui je te donne le secret, il faut plaider la folie et vu ton niveau ça sera pas trop trop galère »
  • « Parfait… » Souriant à nouveau « Quel est ton prénom ? Et ton 06 ? »
  • « Je m’appelle Sara, Saraccrochera à ton numéro quoiqu’il arrive »

Il se mit alors à gigoter dans tous les sens, à poursuivre l’infirmière et à crier « LIBEREZ MELENCHON ». Bastien débarqua en l’espace de quelques minutes, lui péta toutes les dents qui lui restait et l’envoya au trou.

Une fois dans la cellule sombre, austère et froide, Michel entendit un raclement de gorge familier. Sa cellule était accolée à une autre, et c’était celle de Laurent.

  • Michel : « Laurent, wa wa ? »
  • Laurent : « Hein ?? »
  • « e vai t’aider a sorti de la pison »
  • « Bon le débile mental soit tu t’exprimes en français LV1 soit tu fermes immédiatement ta gueule »
  • « C’est moi c’est Michel » (il avait ramassé quelques dents au passage)
  • « Oh Michel, comment tu vas mon frère ?? »
  • « Je vais te sortir de cet enfer »
  • « Mais… comment… »
  • « J’ai élaboré un plan, fais moi confiance »
  • « Michel à chaque fois que t’as un plan ça finit en garde à vue et on est déjà en prison donc bon »
  • « Cette fois c’est la bonne, crois moi mon frère »
  • « Bon allez… »
  • « Rendez vous au grillage à la promenade »

Lendemain, heure de la promenade, 11h30.

Michel, sorti de l’isolement, était avec Mohammed, Moussa. K, Airbag, et il y avait aussi Jean Tortellini, un mafieux italien très craint dans la prison. Michel s’éloigna toutefois du groupe, et arriva à la frontière qui délimitait l’autre côté du grillage. Laurent l’attendait là.

  • Michel : « Demain on se casse j’ai creusé un trou et j’ai les plans sur mon dos regarde »
  • Laurent : « Mais y’a absolument rien sur ton dos »
  • « Regarde bien »
  • « Y’a RIEN DU TOUT imbécile à part deux trois traces noires »
  • « Impossible la tatoueuse m’a dit que c’était un tatouage à l’année donc il se voit forcément »
  • « Putain… T’es complètement teubé, Michel c’est un tatouage au henné… »
  • « Mais la dame était tellement gentille.. »
  • « Bon t’as un autre plan petit frère ?? »
  • « J’ai tout en tête, ne t’inquiètes pas »

Jean Tortellinni arriva brusquement et interrompit les deux frères

  • Jean : « Yé voit que vous avez uné plan pour sortir de la prisonne »
  • Michel : « Non »
  • Jean :  » Si si eheheheh, yé viens avec vous, yé doit reprendre mon commerce illégal dé lasagnas à l’anana »
  • Laurent : « Allez c’est bon on le prend sinon ça va être chiant il va nous tuer et tout »
  • Michel : « Quoi ?? »
  • Jean : « Va bene a tutti frutti de la mama al dente le parmigiano »
  • Laurent : « t’abuses un peu sur les clichés »
  • Jean : « Allez à ce soir les amis »

Moussa.K et Airbag furent également au courant du plan étant donné que Mohammed ne savait pas tenir sa langue. Michel comprit que l’escapade allait être beaucoup plus complexe que prévu mais il souriait toujours, car il avait pensé à toutes les possibilités et paré toutes les éventualités.

Le soir même, avant le dîner, Michel avait drapé l’entrée du trou de 450 mètres qu’il avait creusé en deux heures avec une lime à ongles qu’il avait subtilisé à l’infirmière, et au moment de l’ouverture des cellules chacun des détenus connaissant le plan allait à tour de rôle entrer dans le trou, profitant des rondes des gardes pour s’y faufiler.

Après quelques minutes de stress insoutenable tout le groupe était passé, tout le monde criait de joie, les six gugusses couraient et au bout du tunnel ils se retrouvèrent nez-à-nez avec une porte qui selon le plan de Michel était le fameux Leroy-Merlin.

Quelle ne fut pas leur surprise quand ils découvrirent que c’était en fait le bureau du directeur de la prison, Bernard Henry Lhermitte.

Ce dernier ne réagit même pas, il était au courant de toute l’opération. Sara et Bastien étaient également dans le bureau et regardaient l’amour est dans le pré.

  • Michel : « Ah merde »
  • Mohammed : « Wallah »

Le lendemain Laurent, Michel et tout le petit groupe furent exécutés sur le champ.

FIN


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